Il y a une phrase tellement rabâchée dans le monde du trading qu'elle en est devenue un cliché : « la tendance est ton amie ». Et même si ça sonne comme un biscuit chinois, elle renferme l'une des idées les plus sensées qui soient. Avant de prendre la moindre décision sur un graphique, la première chose est de savoir où va le prix. Parce que remonter le courant fatigue, fait mal et, avec de l'argent en jeu, coûte cher. Apprenons à lire ce courant.
Une tendance, c'est tout simplement la direction générale dans laquelle le prix se déplace sur une période de temps. Attention au mot « générale » : le prix ne va jamais en ligne droite. Il monte et descend sans arrêt, comme une balle qui descend un escalier en rebondissant. Même si elle rebondit vers le haut à chaque marche, si dans l'ensemble elle descend, la tendance est baissière. Ce qui compte, c'est le cap de l'ensemble, pas chaque petit rebond.
Voici l'astuce qui change tout. Regarde les sommets (les points hauts) et les creux (les points bas) que le prix laisse derrière lui. Les comparer entre eux te dit la tendance sans aucun outil bizarre :
C'est tout. Il n'en faut pas plus pour classer n'importe quel graphique. Donnons un nom aux trois cas possibles.
Une tendance haussière est une succession de sommets croissants et de creux croissants. Autrement dit : chaque fois que le prix monte, il atteint plus haut que la fois précédente ; et chaque fois qu'il corrige vers le bas, il s'arrête avant de toucher le plancher du creux précédent. Un escalier qui monte. Ici, ce sont les acheteurs qui commandent. C'est le terrain le plus confortable pour qui cherche à acheter bas et vendre plus haut.
Une tendance baissière, c'est l'inverse : des sommets décroissants et des creux décroissants. Chaque rebond vers le haut reste plus court que le précédent, et chaque chute descend plus bas. Un escalier qui descend. Ici, ce sont les vendeurs qui commandent. L'erreur classique du débutant est de s'obstiner à acheter « parce que c'est déjà bon marché » : dans une tendance baissière, ce qui est bon marché devient presque toujours encore meilleur marché.
Le troisième cas est le plus ignoré et celui qui fait perdre le plus d'argent : le range latéral. Ici, le prix ne monte ni ne descend clairement, il se déplace de côté à l'intérieur d'une bande, rebondissant entre un plancher et un plafond encore et encore. Il n'y a pas de tendance. Ni les acheteurs ni les vendeurs ne commandent ; ils sont à égalité.
Ces bandes de plancher et de plafond sont justement les supports et résistances dont tu as peut-être déjà entendu parler. Dans un range, suivre une « tendance » qui n'existe pas est la recette parfaite pour entrer trop tard et sortir échaudé.
La phrase ne veut pas dire que tu gagnes à coup sûr en suivant la tendance. Rien ne garantit de gagner, et trader comporte toujours un risque. Ce qu'elle veut dire, c'est que tu as les probabilités davantage de ton côté quand tu vas dans le sens du courant que quand tu rames à contre-courant. Dans une tendance haussière, chercher des occasions d'achat, c'est nager avec le courant ; s'obstiner à vendre, c'est nager contre lui. Tu peux avoir raison à contre-courant, oui, mais c'est plus dur et plus épuisant.
Traduit en quelque chose de pratique pour le quotidien :
Pour affiner ta lecture, il te sera très utile de savoir interpréter les bougies japonaises, qui t'aident à voir le bras de fer entre acheteurs et vendeurs à l'intérieur de chacun de ces paliers.